Le jointoiement du carrelage extérieur est une étape déterminante pour garantir la durabilité et l’esthétique de votre terrasse ou balcon. Bien réalisé, il assure l’étanchéité, protège contre les intempéries, et maintient la solidité des finitions dans le temps. Pour obtenir un résultat pérenne, plusieurs facteurs doivent être maîtrisés :
- Le choix du matériau de joint adapté à la nature du carrelage et à l’usage de la surface
- La largeur et la disposition des joints, essentielles pour absorber les dilatations thermiques
- La préparation rigoureuse du support et les techniques d’application du mortier, qui conditionnent l’adhérence
- Le respect des conditions climatiques lors de la pose et un entretien adéquat pour prévenir les dégradations
Dans ce guide complet, nous explorons en détail ces aspects, avec des recommandations pratiques, des exemples chiffrés et des conseils pour éviter les erreurs fréquentes qui compromettent la longévité du jointoiement.
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Sommaire
- 1 Quel est le meilleur joint pour un carrelage extérieur durable ? Matériaux et performances
- 2 Quelle largeur de joint pour assurer étanchéité et résistance aux intempéries ?
- 3 Techniques d’application pour un jointoiement de carrelage extérieur réussi étape par étape
- 4 Les conditions idéales pour réaliser les joints d’un carrelage extérieur
- 5 Impact de la pluie sur le séchage et la durabilité des joints extérieurs
- 6 Réfection des joints abîmés : diagnostic et restauration efficace
- 7 Budget indicatif pour le jointoiement d’un carrelage extérieur : matériaux et pose
- 8 Choisir la couleur du joint : esthétique et vieillissement en extérieur
- 9 Erreurs à éviter pour ne pas compromettre la durabilité du jointoiement extérieur
Quel est le meilleur joint pour un carrelage extérieur durable ? Matériaux et performances
Il n’existe pas de joint « universel » pour carrelage extérieur, mais des solutions précises selon vos besoins et contraintes. Le choix doit impérativement respecter la norme EN 13888, classification CG2 WA, garante de résistance mécanique, d’étanchéité et d’abrasion adaptée aux conditions extérieures.
Le tableau ci-dessous synthétise les principales options actuellement utilisées :
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| Type de joint | Avantages | Limites | Coût matériaux (€/m²) |
|---|---|---|---|
| Ciment flexible | Facile à appliquer, large palette de couleurs | Sensible aux taches, nécessite un entretien régulier | 8 à 20 |
| Époxy | Étanche, résistant aux UV et aux taches | Application délicate, prix élevé | 15 à 35 |
| Polymère | Flexible, bonne résistance thermique | Moins résistant à l’abrasion intense | 10 à 25 |
| Bicomposant | Haute performance, résistant aux produits chimiques | Mise en œuvre complexe | 12 à 30 |
Pour un carrelage très poreux ou exposé à des projections fréquentes, le joint époxy s’impose comme la référence, garantissant une étanchéité optimale et une durabilité hors pair. À contrario, pour une terrasse résidentielle classique et un budget contrôlé, le ciment flexible certifié CG2 WA reste la solution la plus répandue et efficace.
Quelle largeur de joint pour assurer étanchéité et résistance aux intempéries ?
Au-delà de l’esthétique, la largeur des joints joue un rôle technique majeur. Les fortes variations thermiques en extérieur impliquent une largeur minimale à respecter :
- 4 mm est la largeur minimale recommandée pour la plupart des carrelages extérieurs
- Pour les carreaux rectifiés à bords parfaitement droits, cette largeur peut être réduite à 2 mm
- Dans la pratique, prévoir 5 mm est une marge préventive efficace pour absorber pleinement les dilatations sans contrainte
En complément, les joints de dilatation sont indispensables tous les 20 à 25 m² afin de laisser libre cours aux mouvements du support. Sur une terrasse de 40 m², leur installation est obligatoire, avec une largeur de 6 mm pour ces joints traversants.
Les joints périphériques entre le carrelage et les murs doivent mesurer 3 mm et être remplis d’un mastic elastomère souple, jamais rigide, afin de garantir une bonne étanchéité sans fissuration.
Techniques d’application pour un jointoiement de carrelage extérieur réussi étape par étape
La réussite du jointoiement dépend autant d’une bonne préparation que d’une application rigoureuse. Voici les étapes clés :
- Contrôle du support : assurez-vous que la colle de pose est parfaitement sèche (entre 24 et 48 heures), que les croisillons sont retirés et que les interstices sont propres et sans poussière.
- Humidification des carreaux : pour les carreaux poreux, un léger humidification des bordures avec de l’eau claire évite que ceux-ci absorbent trop vite l’humidité du joint, ce qui compromettrait la prise.
- Préparation du mortier : mélangez le produit sec avec de l’eau selon les recommandations, ou utilisez un joint prêt à l’emploi. La consistance doit être homogène, ni trop liquide ni trop épaisse.
- Application : utilisez une raclette en caoutchouc pour forcer le mortier dans les joints en diagonale par rapport à leur orientation, évitant ainsi les bulles d’air.
- Lissage : passez la raclette à 45° pour retirer l’excédent sans vider les joints.
- Nettoyage : après 15 à 30 minutes, nettoyez la surface avec une éponge humide, en rinçant fréquemment. En cas de voile blanc persistant, un produit spécifique à base de révélateur de joints s’applique.
- Protection : protégez la zone de la pluie et du soleil direct pendant au moins 24 heures après la pose.
Privilégiez l’application d’un primaire de protection sur les carreaux poreux avant le jointoiement afin d’éviter la migration des pigments du mortier et les tâches inesthétiques.
Les conditions idéales pour réaliser les joints d’un carrelage extérieur
La fenêtre d’intervention pour un jointoiement optimal est plus restreinte qu’on peut le supposer. Ces critères sont à respecter scrupuleusement :
- Température du support entre 5°C et 30°C pour assurer une prise chimique correcte du mortier
- Support parfaitement sec et exempt d’humidité résiduelle
- Météo stable avec au moins 3 jours consécutifs sans pluie avant et après l’application
- Pente du support minimale de 1,5% pour éviter toute stagnation d’eau
- Colle de pose parfaitement sèche, condition incontournable avant jointoiement
Jointer sous 5 °C risque d’entraîner une prise insuffisante, tandis que des températures élevées au-dessus de 30 °C provoquent un séchage prématuré, générant fissures et pertes d’adhérence.
Impact de la pluie sur le séchage et la durabilité des joints extérieurs
Une exposition à la pluie avant durcissement complet du joint peut sérieusement compromettre la performance finale :
- Les joints ciment mettent alors jusqu’à 10 jours pour atteindre leur résistance, contre 24 à 72 heures dans des conditions sèches
- La prise chimique est altérée, réduisant la solidité et la résistance aux intempéries
- Le joint époxy tolère mieux l’humidité, offrant une praticabilité après 24 heures même si l’humidité persiste, mais nécessite malgré tout une météo clémente dans les 24 premières heures
En somme, ne pas tenir compte des prévisions météorologiques sous-entend un risque majeur d’affaiblissement et de dégradation accélérée des joints.
Réfection des joints abîmés : diagnostic et restauration efficace
Réparer un joint désagrégé ou partiellement décollé exige une analyse précise :
- Des joints effrités localisés se reprennent par un rejointoiement ponctuel
- Si plus de 30 % de la surface présente des joints décollés, accompagnés de carreaux sonnant creux, il faut diagnostiquer un problème structurel (mauvaise pente, infiltration) avant de procéder
La remise en état suit un protocole exigeant :
- Dépose rigoureuse des anciens joints sur une profondeur minimale des deux tiers
- Nettoyage méticuleux des interstices, aspiration des poussières et élimination des dépôts calcaires avec nettoyant adapté
- Application du nouveau mortier sur des joints parfaitement secs et propres, avec la même rigueur que pour un raccord neuf
L’erreur capitale est de ne pas attendre le séchage complet après décapage, ce qui compromet l’adhérence durable du joint.
Budget indicatif pour le jointoiement d’un carrelage extérieur : matériaux et pose
Le coût total dépend largement de la main-d’œuvre et du type de joint choisi :
| Prestation | Prix indicatif (€ / m²) |
|---|---|
| Jointoiement complet (matériaux + pose) | 30 |
| Rejointoiement d’une terrasse existante (selon état) | 15 à 50 |
| Taux horaire artisan carreleur | 30 à 50 €/heure |
| Reprise d’un jointoiement raté | jusqu’à 20 |
Le joint époxy, avec des matériaux à 15-35 €/m², fait grimper la note, ce qui représente un surcoût de plus de 400 € sur une terrasse de 30 m² par rapport au ciment flexible. Ce choix se justifie dans des cas précis d’exposition intense, mais ne s’impose pas systématiquement.
Choisir la couleur du joint : esthétique et vieillissement en extérieur
Le gris classique reste un choix sûr, offrant un bon compromis entre discrétion, camouflage des salissures et robustesse esthétique dans le temps. Voici un aperçu des tendances :
- Gris : masque efficacement les saletés et s’accorde avec la majorité des carreaux, avec un vieillissement harmonieux
- Noir : fort contraste sur les carreaux clairs, mais révèle les voiles calcaires après pluie
- Ton pierre ou beige : apporte une sensation naturelle sur terracotta ou imitation travertin, mais peut faire ressortir les salissures avec le temps
Tester un échantillon avant la pose intégrale est vivement recommandé, car la couleur sèche est souvent plus claire qu’au moment de l’application.
Erreurs à éviter pour ne pas compromettre la durabilité du jointoiement extérieur
Parmi les fautes les plus coûteuses figurent :
- Jointer sur une colle encore humide, ce qui entraîne un décollement rapide et un remplacement onéreux (jusqu’à 400 € pour 20 m²)
- Absence de joints de dilatation, causant soulèvement des carreaux dès les premières chaleurs, avec des réparations dépassant souvent 1 500 €
- Poser les joints par conditions climatiques défavorables (moins de 5 °C ou plus de 30 °C)
- Utiliser des joints non certifiés CG2 WA, inadaptés à l’extérieur
- Sous-estimer la largeur nécessaire des joints (moins de 4 mm sur un carrelage non rectifié)
- Oublier d’humidifier un carrelage poreux avant jointoiement
- Ignorer le nettoyage des excédents avant séchage complet, avec risque de voile tenace et défaut d’adhérence
Un jointoiement réalisé avec soin peut durer jusqu’à quinze ans. Mal exécuté, il signale rapidement ses failles, généralement dès la deuxième saison, souvent avec des traces visibles et des risques d’infiltration.



